Courir va-t-il devenir un sport payant avant même le départ ?

Parcours de Prévention Santé (PPS) payant : le nouveau ticket d’entrée pour prendre un dossard Découvrez notre site Trail infos , dédié au trail running, offrant des conseils d'entraînement, des et des astuces santé pour tous les passionnés de ce sport en pleine nature. Trail run, bien courir

12/9/2025

Le PPS devient payant : quand courir une course officielle coûte un peu plus cher ...

C’est un changement discret, mais qui fait déjà beaucoup parler dans le monde du running. À partir de 2026, le Parcours de Prévention Santé (PPS), obligatoire pour s’inscrire à une course lorsqu’on n’est pas licencié, deviendra payant. Un nouveau cap pour un dispositif déjà critiqué depuis sa mise en place.

Instauré pour remplacer le traditionnel certificat médical, le PPS avait pour objectif de simplifier les démarches administratives tout en renforçant la prévention santé. Jusqu’ici, il suffisait de suivre un parcours en ligne — vidéos, conseils, auto-évaluation — pour obtenir une attestation valable trois mois. Gratuit, rapide, accessible.

Mais demain, le PPS évoluera vers un Pass Prévention Santé annuel, facturé 5 euros, valable douze mois. Un tarif modeste sur le papier, mais lourd de symboles.

Une volonté affichée de professionnalisation

Du côté des instances, ce passage au payant est présenté comme une montée en gamme. Contenu élargi, messages de prévention renforcés, meilleure information sur l’entraînement, la récupération, la nutrition et la sécurité. L’argument est clair : mieux préparer les coureurs, réduire les accidents, responsabiliser les pratiquants.

Un pass annuel, plutôt que plusieurs démarches répétées au fil de l’année, est également censé simplifier la vie des coureurs réguliers, inscrits à plusieurs épreuves.

Une mesure qui divise

Sur le terrain, la réception est plus contrastée. Pour de nombreux coureurs occasionnels, cette évolution ressemble à un nouveau péage pour accéder à une pratique déjà coûteuse. Dossard, déplacement, équipement… Ajouter une somme, même modeste, interroge sur l’accessibilité d’un sport historiquement populaire.

Les organisateurs, notamment sur les petites courses locales, craignent aussi un effet dissuasif. Moins de participants, plus de contraintes administratives, et une impression croissante que courir une course officielle devient une démarche de plus en plus encadrée — et payante.

Ce que cela change concrètement

Pour un coureur assidu, le surcoût restera limité : cinq euros sur une saison complète pèsent peu face à un calendrier chargé de compétitions. En revanche, pour celui ou celle qui s’aligne une ou deux fois par an, ou découvre la compétition, le calcul n’est plus le même.

Le risque ? Voir certains pratiquants se détourner des courses officielles, au profit de sorties informelles, défis personnels ou événements non chronométrés.

Prévention ou barrière financière ?

La question dépasse le simple montant. Elle touche à la philosophie du running : un sport simple, accessible, ouvert à tous, ou une pratique de plus en plus structurée, normée et monétisée ?

Le PPS payant marque un tournant. Reste à savoir s’il renforcera réellement la prévention… ou s’il éloignera une partie des coureurs du dossard.